JDC - S02.Ep.16 - Au bout de la nuit (film n°43)
Lundi 08 octobre 2012 :
Au Bout de la Nuit (Street Kings) – David Ayer – USA – 2008 – DVD
Résumé :
Tom Ludlow est le meilleur détective de l’Ad Vice, unité spécialisée de la Police de Los Angeles. Son supérieur, le capitaine Wander, ferme les yeux sur ses procédés souvent « hors normes ». Accusé à tort du meurtre d’un collègue, Ludlow doit lutter seul contre le système corrompu pour prouver son innocence.
Un peu comme pour le Layer Cake de Matthew Vaughn chroniqué sur ce blog il y a peu, le premier film de David Ayer réuni de bons ingrédients sans jamais réellement réussir à faire prendre la sauce. Keanu Reeves en flic violent et alcoolique, Forest Whitaker plus halluciné que jamais, et l’immense auteur de polar américain James Ellroy au scénario. Mais au contraire de Layer Cake, tout de même, le film se suit sans déplaisir, et contient quelques bonnes idées de mise en scène et de scénario. C’est efficace, parfois tendu, mais jamais passionnant. Mais le plaisir de voir Keanu Reeves interpréter à nouveau un simple être humain, et non une sorte de prophète virtuel (Matrix) ou un alien pacifique (Le jour où la terre s’arrêta), est appréciable. Il boit. Il fume. Il sue. Il tue.
Bon, ok, Forest Whitaker en fait peut-être des tonnes, il fait les grands yeux, il gesticule, il a des tirades, mais quoique fasse ce type, je trouve qu’il en impose malgré tout. Celui qui pour moi restera à tout jamais comme le samouraï le plus cool de l’histoire du cinéma dans Ghost Dog de Jim Jarmusch (Axel Tez Raynaud, si tu me lis !) permet par sa seule présence à relancer un peu l’intérêt pour le film lors de ses apparitions.
A noter la présence du Dr House himself, l’excellent Hugh Laurie, qui marche ici sans canne pour faire partie de cette machination policière aux nombreuses ramifications.
A ce titre, le scénario est riche, mais peut-être trop. On ne sait plus trop qui manipule qui, les motivations des personnages sont parfois confuses, qui est « gentil », qui est « méchant », qui est « vraiment gentil » et qui est « faussement méchant », j’étais un peu paumé, à vrai dire.
J’ai vu le film il y a un mois déjà (et oui, je prends du retard dans mes publications…) et à vrai dire, je n’en retiens déjà plus grand chose. La scène d’intro, le meurtre du policier dans le supermarché à coups de mitrailleuse, un règlement de compte dans une villa et des cadavres retrouvés dans la terre. Un peu frustrant pour un film dont le script est en partie signé par James Ellroy, écrivain de polars très sombres, très réalistes, où les personnages sont ambigus et la violence omniprésente.
Mais d’après ce que j’ai pu lire, le scénario a été largement modifié, réécrit et réorienté au fil de la production. C’est peut-être dans ces changements que le film a perdu la force qui aurait pu être la sienne, passant finalement à côté des choses.
Un honnête polar donc, qui, sans faire honte au genre, ne parvient pas non plus à en bousculer les codes et donne une impression de déjà-vu.