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JDC-S02.Ep14 - La légende de Beowulf (film n°39)

Publié le par Nicolas Ravain

Dimanche 29 septembre 2012 :

La Légende de Beowulf (Beowulf) – Robert Zemeckis – USA – 2007 - TV

Résumé :

Nord de l’Europe, il y a bien longtemps. Une créature monstrueuse terrorise un village et ses habitants. Pour s’en débarrasser, le roi Hrothgar lance un appel : celui qui tuera le monstre sera couvert d’or. Arrive un jour le redoutable et courageux Beowulf. La lutte peut commencer. Mais les héros ne sont pas infaillibles…

JDC-S02.Ep14 - La légende de Beowulf (film n°39)

Deuxième film du grand Robert Zemeckis à être chroniqué dans mon Journal, après le plaisant Apparences.

Bon, attention, à ne pas confondre avec Beowulf sorti en 1999 avec dans le rôle titre notre Christophe Lambert national ! De toute façon, c’est simple : l’un est un monumental film d’animation brillement écrit et réalisé, et l’autre est un film… avec Christophe Lambert !

Après avoir expérimenté une première fois en 2004 dans Le Pôle Express le procédé de la performance capture (technique permettant de capter les mouvements d’un élément réel afin de les retranscrire dans un univers virtuel), Robert Zemeckis reprend le procédé 3 ans plus tard pour son film suivant et en faire en quelque sorte l’antithèse de son précédent. Si Le Pôle Express était un conte de Noël enchanteur, féérique et lumineux à destination des enfants, Beowulf est un récit violent, sexy et sombre peu recommandé aux plus jeunes spectateurs. Un film peuplé de monstres, se déroulant souvent de nuit, contenant son lot de giclées sanglantes et parcouru d’une tension sexuelle permanente.

JDC-S02.Ep14 - La légende de Beowulf (film n°39)

Le script, signé Neil Gaiman et Roger Avary (le mec derrière Pulp Fiction, Les Lois de l’Attraction ou encore Silent Hill), interroge les notions même de héros et de légendes. Car, sans vraiment spoiler le film, Beowulf tue assez rapidement le monstre Grendel qui terrorise la ville. La construction du film est proche en un sens de celle du Psychose d’Hitchcock, qui voyait son personnage principal tué au milieu du film, pour ensuite se focaliser sur les répercussions et les origines de ce meurtre. Ici, le héros débarque dans la ville, et fait son boulot de héros en tuant le monstre au milieu du métrage. C’est justement l’après qui intéresse réellement le cinéaste : une fois couvert d’or et célébré par tous, que devient le héros ? Qui est-il vraiment ? Quelles sont ses failles ?

JDC-S02.Ep14 - La légende de Beowulf (film n°39)

Le procédé de performance capture utilisé ici par Zemeckis permet au cinéaste de se lâcher complètement au niveau de la mise en scène. La caméra n’a plus de limite dans cet univers virtuel. Elle s’envole, virevolte, survole avec maestria. Zemeckis se permet de nombreux plans-séquences (plan sans montage, sans coupe) virtuoses, passant d’une action à une autre, d’un endroit à un autre, d’un personnage à un autre, pour revenir ensuite au dénouement de l’action première, le tout en un seul et unique plan. Du grand art. Que Spielberg poussera dans ses retranchements extrêmes avec la scène de poursuite en side-car de 6 minutes dans Les Aventures de Tintin : Le secret de la Licorne. Le film de Zemeckis contient assurément son lot de séquences admirables : la première attaque de Grendel ; l’arrivée de Beowulf sur un bateau en pleine tempête ; le récit de son combat contre les monstres marins ou la lutte avec le dragon. De purs moments de cinéma, superbement racontés et découpés.

JDC-S02.Ep14 - La légende de Beowulf (film n°39)

Le cinéaste n’en oublie pas pour autant ses personnages, à commencer bien sûr par le Beowulf en titre, héros pas si infaillible que cela, malgré ce qu’en pensent les autres et, « interprété » ici par le puissant Ray Winstone. Le terme « interprété » est entre guillemets ici car le comédien a joué le rôle, certes, mais dans une pièce bleue ou verte, avec des capteurs disposés un peu partout sur son visage et son corps. On retrouve donc ainsi dans le film une version numérique d’Anthony Hopkins, de John Malkovitch et d’Angelina Jolie.

Ah, Angelina ! Parlons-en, d’Angelina ! Après avoir incarné l’héroïne virtuelle Lara Croft au cinéma, là voilà qui est elle-même désincarnée et numérisée. Son apparition dans le film est mémorable, sortant de l’eau, nue, aussi séduisante qu’inquiétante. La grande tentatrice. Elle est toute nue ! Angelina ! Enfin, pas vraiment elle, d’accord, son clone numérique, mais bon, quand même, quoi, c’est toujours ça !

JDC-S02.Ep14 - La légende de Beowulf (film n°39)

En plus d’être sombre – les scènes nocturnes sont nombreuses - violent et sanglant, le film de Zemeckis est résolument sexuel. La nudité est là, féminine comme masculine (Beowulf combat même Grendel en tenue d’Adam ), on s’attarde sur un décolleté plombant, les Rois ont des maîtresses et les forces du Mal prennent l’apparence d’Angelina Jolie… tout nue ! C’est d’ailleurs l’acte sexuel qui est au centre du récit, le mystère des origines du Mal, de la malédiction qui se perpétue inlassablement.

JDC-S02.Ep14 - La légende de Beowulf (film n°39)

Le film se termine. Je dis à ma chérie : « Si je t’avais demandé si tu voulais voir un film d’animation qui se passe au temps des chevaliers avec une histoire de dragon, t’aurais dit non, hein ? »

Elle acquiesce.

« Et pourtant, t’as kiffé, hein ? »

Elle acquiesce.

Assurément l’un des meilleurs films de l’auteur de la trilogie Retour vers le Futur, Roger Rabbit, Forrest Gump et Seul au Monde.

Zemeckis est un Grand !

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