JDC - S02.Ep18 - Machete (film n°45)
Dimanche 21 octobre 2012 :
Machete – Robert Rodriguez & Ethan Maniquis – 2010 - USA - DVD
Résumé :
Machete, un ancien membre de la police fédérale du Mexique, est engagé pour assassiner John McLaughlin qui se présente aux élections sénatoriales du Texas. Mais cette mission est en réalité un piège, et Machete se retrouve au sein d’une machination politique et à la tête d’une révolution des immigrants clandestins.
Petit flash-back : en 2007, Quentin Tarantino et Robert Rodriguez s’associent pour donner naissance au concept-film Grindhouse, hommage aux doubles programmes des seventies qui proposaient 2 films de genre pour le prix d’un. Ce Grindhouse nouvelle génération est donc composé de 2 films d’une heure : Boulevard de la mort (Death Proof), hommage aux genre slasher signé Tarantino, et Planète Terreur (Planet Terror), film de science-fiction horrifique signé par le texan Rodriguez.
Bon, ok. Et quel rapport avec le schmilblick ?
Et bien, pour lier les 2 programmes lors des projections, des bandes-annonces de faux films ont été réalisées : Werewolf Women of the SS, par Rob Zombie ; Thanksgiving, par Eli Roth ; Don’t, par Edgar Wright… et Machete, par Robert Rodriguez.
Avant d’être un véritable long-métrage, le film de Rodriguez a donc d’abord été une bande-annonce, fait assez rare dans la production cinématographique ! Celle-ci ayant rencontré un certain succès et excité nombres de fans de par le monde, le cinéaste Texan a donc tenu promesse et mis en scène « pour de vrai » ce film 3 ans plus tard.
Et pour cela, Rodriguez se paye un casting aussi hétéroclite que jouissif : Danny Trejo et son incroyable gueule burinée dans le rôle titre ; Lindsay Lohan en toxicomane et nonne armée ; Robert DeNiro en candidat sénateur raciste et grimaçant ; Michelle Rodriguez, sexy en diable avec son soutien-gorge en cuir et sa grosse mitraillette ; Steven Seagal en bad guy adepte du sabre ; Jessica Alba en flic sexy ; Don Johnson (le Sonny Crocket de Deux Flics à Miami) en flic pourri et raciste ; et le maquilleur de génie Tom Savini (Zombie, Maniac, Vendredi 13, Massacre à la tronçonneuse 2…) en tueur à gage. Rien que ça ! Et je crois bien que c’est la première fois de ma vie que je regarde un film avec Steven Seagal en entier et avec plaisir !
Epaulé par tout ce beau monde, Rodriguez peut donc s’amuser comme un gosse, et fait preuve de générosité en terme d’action, de sang et de sexe ! Machete tranche donc des bras et des têtes, et transperce des corps à tout va ! Mention spéciale à la scène dans l’hôpital où Machete ouvre le bide d’un de ses poursuivant et s’empare de ses intestins pour s’en servir comme d’une corde ! C’est too much, mais le gore est ici étroitement lié à l’humour, proche d’un dessin animé (un peu comme dans le Kill Bill de Tarantino… tiens ! encore lui !).
Et, fait rare dans le cinéma américain actuel, souvent bien trop frileux côté sexe, Machete est un film dans lequel on peut voir des paires de seins et des paires de fesses ! Lindsay Lohan topless, ça ne se refuse pas… et Jessica Alba nue sous la douche non plus (mais attention, il y a quand même une arnaque dans ce « fameux » plan : la belle Jessica a en effet tourné la scène en culotte et soutiens-gorge, qui ont ensuite été gommés numériquement… Ah ! les ricains !!). Et cette fille nue qui sort un téléphone portable de son vagin… j’en ris encore !! Et Machete qui se tape la mère ET sa fille !
Ce cocktail de sang et de sexe participe donc à l’aspect old school du long-métrage, hommage aux séries B décomplexées des années 70.
Au-delà de ça, Rodriguez ajoute à son film un sous texte politique, un peu simpliste certes (les politiciens sont tous des pourris), mais le film a les couilles d’afficher son aversion pour le parti républicain, dont les représentants sont tous ici des racistes manipulateurs. Soit le candidat sénateur Robert DeNiro, en baisse dans les sondages, qui orchestre un attentat raté sur sa propre personne par un individu d’origine mexicaine pour mieux stigmatiser ensuite les membres de cette communauté.
Machete est donc motivé par un désir de vengeance personnel, mais se retrouve également au centre d’une révolution politique et populaire. Epaulé dans cette lutte pour les droits des immigrants mexicains par Michelle Rodriguez, alias SHE, cet aspect politique n’est au final pas vraiment concluant, et casse la dynamique « sex and gore » décomplexée du film. Rodriguez aurait dû faire un choix plus marqué !
Au final, on est donc un peu frustré à la fin du film, dont la fausse bande-annonce promettait un film jusqu’au-boutiste et totalement barré. Tout de même plutôt généreux en matière de sexe, d’humour et de violence, le film ne va finalement pas au bout de sa promesse, et c’est bien dommage !
Ca ne bande ni tout à fait dur, ni tout à fait mou.
Une demie-molle, quoi… !
En espérant que la suite mise en boîte récemment par Rodriguez aille encore plus loin, à moins que ce ne soit le contraire, faisant rentrer la franchise dans un moule.
Réponse dans quelques mois !
En bonus, l'intégrale des fausses bandes-annonces "Grindhouse" !