JDC-S02.EP02 - Saint-Ange (Film n°27)
Mercredi 5 septembre 2012 :
Saint-Ange – Pascal Laugier – France – 2004 – DVD
Résumé :
1958. Anna est chargée de nettoyer Saint-Ange, un orphelinat qui vient de fermer ses portes. Petit à petit, elle entend des pas, des rires, des voix. Elle en est convaincue : quelque part dans la bâtisse, il y a des enfants…
Bon, comme le réalisateur du film, Pascal Laugier, a sorti un nouveau film intitulé The Secret et que les premiers échos sont plutôt bons sur le web, je me dis que je vais mater son 1er long-métrage, histoire de mieux connaître l’univers du bonhomme (j’ai déjà vu son film suivant, l’éprouvant Martyrs).
Soit un film fantastique français, en costume, avec Virginie Ledoyen et Lou Doillon : avouons qu’au départ, ça peut faire un peu peur ! Heureusement, dès les premières images, je suis rapidement rassuré, tant la mise en scène, la lumière et les décors sont de toute beauté. La mise en scène de Laugier est aérienne, pleine de mouvements gracieux, et l’atmosphère inquiétante du lieu est très bien rendue. Même les comédiennes sont bonnes ! Le jeu de Ledoyen est intériorisé, rendant son personnage mystérieux et intriguant (elle cache d’ailleurs un lourd secret), tandis que celui de Lou Doillon, à l’inverse, est tout en folie et confère à son personnage une nature quasi fantomatique.
D’ailleurs, le film se repose peut-être trop sur son esthétisme ultra sophistiqué, et l’intrigue peine un peu à avancer durant la 1ère heure du film, mais sans non plus être ennuyeuse. C’est que ce genre de film de fantômes a un goût de déjà-vu (Les Autres, L’Orphelinat, L’échine du diable, Fragile…), et Laugier prend son temps pour installer ses personnages et son atmosphère. Anna déambule dans d’immenses couloirs, ouvre des portes qui grincent et découvre des passages secrets.
Le fait de situer l’action du film en 1958, peu de temps après la 2ème Guerre Mondiale, ajoute une dimension supplémentaire à l’angoisse et aux mystères développés dans le film, et l’ombre de la déportation et des expérimentations nazies planent sur le métrage.
Et puis il y a la fin. D’un seul coup, le film bascule. Autre univers, autre ton, autres couleurs. Laugier est coutumier de cette brutale et déstabilisante rupture de ton, comme c’était le cas dans son opus précédent Martyrs, et comme c’est apparemment aussi le cas dans son dernier film (à tel point qu’aucune image de la dernière partie de The Secret n’apparaît dans la bande-annonce du film, histoire de garder intacte la surprise).
Et là, je n’ai rien compris ! Je ne peux pas spoiler la fin, évidemment, mais si quelqu’un a vu le film, qu’il m’explique ce que tout ça signifie, par pitié !
Je ne désapprouve pas cette volonté de déstabiliser les repères du spectateur, je suis d’ailleurs plutôt friand de ce genre de choses, et j’aurais même aimé que cette partie soit plus poussée, mieux exploitée, quitte à perdre complètement le spectateur, mais là, vraiment… je n’ai rien compris ! Et ma chérie non plus, qui avait pourtant déjà vu le film !
Folie ? Fantastique ? Complot ? Culpabilité ? Guerre ? Nazisme ? Grossesse ? Tout se mélange d’un seul coup, sans qu’aucune explication ne soit donnée. Je reste donc un peu sur ma faim.
En tous cas, je tire mon chapeau à Pascal Laugier, l’un des rares réalisateurs français (le seul???) à œuvrer dans le genre fantastique avec talent et virtuosité (ce qui lui a d’ailleurs rapidement ouvert les portes d’Hollywood).
Bon, me reste plus qu'à aller voir The Secret maintenant, parce que je veux savoir, moi, ce que c'est que ce fameux retournement de situation de la mort !
Et en bonus, la bande-annonce de son film suivant, l'éprouvant Martyrs, et de son dernier opus en date The Secret.