JDC-S02.Ep13 - Survival of the Dead (film n°38)
Mercredi 26 septembre 2012 :
Survival of the Dead – George Romero - USA – 2009 – DVD
Résumé :
Alors que le nombre de morts-vivants augmente chaque jour, l’île de Plum devient le théâtre d’une guerre entre deux familles, les Muldoon et les O’Flynn.
Le père des zombies est toujours là ! Plus de 40 ans après la création du film matriciel du genre La Nuit des Morts-Vivants en 1968, George Romero continue d’explorer et d’exploiter ces bons vieux zomblards. C’est la 6ème fois que le cinéaste se colle à cette thématique.
Petit point sur la saga avant de causer du dernier opus en date.
D’abord, donc, un film en noir et blanc, indépendant, au budget riquiqui et qui rencontra un succès incroyable de par le monde et deviendra un classique : La Nuit des Morts-Vivants. Adaptant plus ou moins librement le roman de Richard Matheson Je suis une Légende, Romero donne naissance dans ce film à la figure du zombie telle que nous la connaissons aujourd’hui : des morts revenus à la vie, l’œil vide, se déplaçant au ralenti et portés sur le cannibalisme. Un mythe est né.
10 ans plus tard, en 1978, Romero réalise Zombie, a.k.a Dawn of the Dead en V.O, soit « l’aube des morts », après la « Nuit ». Cette fois-ci, un groupe d’individus sont reclus dans un supermarché et résistent tant bien que mal aux hordes de morts-vivants. Budget plus conséquent, effets plus gores. Une bonne dose d’humour. Sorte de parabole sur la société de consommation. Succès. Film culte.
1985. Après la nuit, puis l’aube, voici venu Le Jour des Morts-Vivants. Cette fois-ci, une base militaire est assaillie par les zombies. Romero règle ses comptes avec l’armée. Succès plus relatif. Un personnage culte tout de même : Bub, le zombie différents des autres, qui semblent capable d’apprendre et de ressentir des émotions.
20 ans plus tard. Romero revient au genre avec Le Territoire des Morts (Land of the Dead), soutenu par un gros studio hollywoodien (Universal), un casting de stars et un budget confortable. Parabole sur la lutte des classes sociales, cette fois-ci, avec cette horde de zombies menée par un leader armé à l’assaut d’une ville de nantis. Papy is back !
2008. Romero se penche cette fois-ci sur les médias. Chroniques des Morts-Vivants (Diary of the Dead) utilise le principe sur found footage, autrement dit le filmage à la première personne par les personnages du film. Film dans le film. Petites caméras vidéo. Images Internet. Caméra de surveillance. Un peu échaudé par son expérience avec un gros studio, Romero revient au film indépendant. Passionnant.
2009. Le cinéaste de Pittsburgh ne perd pas de temps et enchaîne sur un nouvel épisode de sa saga. Il reprend des personnages de son film précédent, un groupe de mercenaires qui n’apparaissaient que durant quelques scènes dans Diary…, et en fait ici les protagonistes principaux de son récit.
Cette fois-ci, le long-métrage se drape des oripeaux du western. Un petit territoire, des bouseux, des vaches, des chevaux, des chapeaux, des fusils et deux familles qui s’affrontent. Comme souvent chez Romero, les zombies sont relégués au second plan, ils ne servent que de toile de fond, sont un prétexte pour parler d’autre chose. Ici, ce sont les questions de la religion et de la guerre qui sont au centre du métrage. La famille O’Flynn ayant perdu la foi, contre les Muldoon, extrémistes religieux refusant de tuer les zombies sous prétexte qu’ils sont des créatures de Dieu.
Les deux familles sont ennemies et, au lieu de s’entraider pour survivre face à la mort qui rode autour d’eux, continuent de s’affronter absurdement. En réalité, eux-mêmes ne savent plus trop pourquoi ils sont ennemis. Ils le sont, traditionnellement, de génération en génération.
En plus de ses codes de film d’horreur et de western, le film de Romero est également une comédie. Si son opus précédent, Diary… affichait un sérieux assez plombant, Survival… comporte son lot de gags tout droit sortis de dessin animés de Tex Avery. Du genre : un homme allume un bâton de dynamite et le dépose dans la main d’un zombie qui regarde la mèche se consumer sans broncher avant d’exploser. Du genre : un meurtre à la mousse d’extincteur. Ou une fourchette plantée dans le crâne. On sent bien que le cinéaste de 72 ans s’amuse comme un petit fou à imaginer des façons aussi inédites que loufoques pour dézinguer du mort-vivant.
Romero n’en oublie pas pour autant ses personnages, relativement nombreux. Avec en tête le patriarche Patrick O’Flynn, impeccable et charismatique Kenneth Welsh ; sa fille Janet, qui tente vainement de trouver un terrain d’entente entre les deux camps ; la militaire lesbienne qui se masturbe en voiture pour tuer le temps ; le petit jeune addict à son IPhone ou encore le militaire blasé et cynique qui ne sait plus trop s’il a choisi le bon camp. Une galerie de personnages riche et bien caractérisée, auxquels on s’attache facilement.
Qui survivra ? Qui aura raison ?
Bref, le (grand-)père du genre est donc toujours là, toujours aussi inventif, aussi incisif et plus décomplexé que jamais. Y aura-t-il un jour un 7ème opus de sa saga des morts-vivants ? Les zombies redeviendront-ils un jour humain ?
To be continued… I hope !