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Journal d'un cinéphile - Film n°12 : Meurtre à la Mode

Publié le par Nicolas Ravain

Jeudi 31 mai 2012 :

Meurtre à la Mode (Murder a la Mod) – Brian DePalma – 1967 – n&b – DVD

Résumé (possible) :

Le meurtre d’une jeune femme raconté à travers plusieurs points de vues différents.

Journal d'un cinéphile - Film n°12 : Meurtre à la Mode

Fan absolu des films de Brian DePalma (Phantom of the Paradise, Obsessions, Scarface, L’impasse…), je me dégotte au Furet du Nord son tout premier long-métrage, Murder a la Mod, dont j’ignorais l’existence en DVD !

Cool ! Cool ! Cool ! (Abed, si tu me lis… ;-)

Ce film, considéré comme perdu à une époque, puis diffusé à la Cinémathèque lors d’une rétrospective consacrée au cinéaste américain, j’en entends parler depuis un bon moment sans l’avoir jamais vu !

Après les déconvenues du premier film de James Cameron (Piranha II – Les Tueurs Volants) et le dernier film de David Cronenberg (Cosmopolis) j’espère n’être pas déçu par le premier long-métrage du cinéaste américain, dont les films ont bercé mon adolescence et forgée ma cinéphilie naissante.

Ouf !

Quelle bonne surprise !

Ouf ! Meurtre à la Mode est un film complètement « ouf », bouillonnant d’idées de mise en scène, de montage, de prise de vue et de scénario.

Même si ce genre de formule est un cliché de la critique cinématographique, je retrouve quand même dans ce premier film nombres de thèmes et formes que développera par la suite DePalma durant sa carrière. L’image et la narration comme moyen de manipuler le spectateur, montrer des événements selon différents points de vue afin de remettre en cause le principe de Vérité. "Le cinéma, c'est du mensonge 24 fois par secondes", a un jour déclaré le cinéste. Et Meurtre à la Mode est une brillante démonstration de cette théorie !

Journal d'un cinéphile - Film n°12 : Meurtre à la ModeJournal d'un cinéphile - Film n°12 : Meurtre à la Mode

Ici, l’image elle-même est au cœur de l’action et du sujet, l’intrigue tournant autour du tournage d’un film dans le film, et le cinéaste de brouiller les pistes, à grand renfort de régimes d’images différents (photos, filmage à la première personne par un personnage, caméra neutre), de montage inventif, de voix off changeante et de ruptures de ton.

Rappelons qu’il s’agit là d’un film indépendant des années 60, la Nouvelle Vague est passée par là, et le cinéma se libère des carcans qui le tiennent depuis des décennies. Il faut casser les codes, expérimenter, trouver des formes nouvelles !

DePalma, homme de son temps, s’en donne à cœur joie ici : dialogues coupés de façon cut, focales déformantes, voix off, raccords impossibles, caméra portée à l’épaule, musique jazzy, tout y est ! Certaines choses sont parfois un peu obscures, un peu maladroites, mais toujours inventives ! Une drôle de rencontre entre le cinéma de Godard et celui d’Hitchcock, un pur produit de son époque !

Journal d'un cinéphile - Film n°12 : Meurtre à la Mode

Ce film est l’occasion de rendre un petit hommage à l’acteur William Finley, disparu en avril dernier, fidèle compagnon des débuts de DePalma. Ils feront ensemble plusieurs autres films, dont Sisters en 1973, et surtout Phantom of the Paradise en 1974, film culte dans lequel le comédien incarne le rôle de Winslow Leach, compositeur trahi et défiguré qui se transforme en assassin masqué hantant une salle de spectacle. Le rôle de sa vie, qui lui assurera la postérité.

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Et quelle bonne surprise que cette édition DVD concoctée par Le Chat qui Fume ! Je craignais une copie approximative, tremblotante et pâle, mais la copie est très bonne, le noir et blanc bien contrasté, le packaging très soigné et design.

Après une carrière longue et riche, des films devenus des classiques, des succès au box-office et des bides, il est dommage que Brian DePalma ne tourne plus guère aujourd’hui. Son dernier film, Redacted, réflexion sur la guerre et sa représentation, date déjà de 2007...

Alors, where is Brian ?

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