Journal d'un cinéphile - Film n°21 : Antichrist
Vendredi 22 juin 2012 :
Antichrist – Lars Von Trier – France/Allemagne/Danemark – 2009 - DVD
Résumé :
A la suite de la perte de leur enfant, un couple en deuil va passer quelques jours dans une cabane retirée au fond des bois. Mais cet endroit idyllique va se révéler être un véritable Enfer.
C’est marrant, résumé de cette façon, le film de Lars Von Trier ressemble à un banal film d’horreur américain. En plus, il en reprend tous les codes et thèmes (le couple en crise, le huis-clos, la cabane, la folie, le sexe, la violence, et même le Mal absolu !), mais tous ça ne ressemble à rien d’autre jamais vu sur un écran.
Une expérience esthétique et hypnotique (ce thème de l’hypnose revient souvent dans la filmographie du cinéaste danois, des amateurs pour un sujet de Mémoire ?), d’une beauté plastique parfois fulgurante et d’une violence jusqu’au-boutiste.
Coutumier du fait, le réalisateur avait soulevé une petite polémique lors de la présentation du film au festival de Cannes en 2009. Des gros mots avaient été dit.
Des trucs comme présomptueux, ridicule, misogyne, fasciste.
Ah non, fasciste, c’était l’année dernière, ça. Pour Melancholia.
Autant pour moi…
La magnifique scène d’intro, en noir et blanc et extrême ralenti, rythmée par un air de musique classique (je suis pas experts en musique classique, je pourrais aller chercher l’information quelque part sur la toile, mais bon, on s’en fout pas mal au final), est d’une beauté et d’une force intense, mettant en parallèle le couple faisant l’amour et leur enfant sortant de son lit pour aller se défenestrer.
Puis le style se fait plus brut, caméra portée, zoom, décadrage, comme ce qu’a pu faire Lars Von Trier dans sa période « Dogme » il y a 15 ans.
C’est que le deuil fait mal. Il est violent. Rude. Avec des crises de larmes et de douleur. La vie est soudain chamboulée et instable, comme la mise en scèe.
Un mot pour souligner la performance incroyable des deux comédiens principaux, Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe, qui forment à l’écran un couple aussi uni que destructeur.
La petite « Charlotte aux Pommes », comme aimait à l’appeler son paternel, reçu d’ailleurs un prix d’interprétation, bien mérité, pour sa prestation intense dans le film.
Et Willem Dafoe !
Qui ça ?
Mais si ! Willem Dafoe, le méchant dans Spiderman – Lequel de Spiderman ? – Le premier ! – Ah, celui qui vient de sortir, le nouveau, là, en 3D ? – Non, pas le nouveau, le premier, avec le Bouffon Vert ! – Le quoi ??!! – Le Bouffon Vert, le type en costume vert avec son skate volant ! - Ah ouais, je vois ! – Ah ! – Mais je vois plus à quoi il ressemble le type, moi, sous son masque, au Géant Vert.
Ah, ok ! C’est lui, Willem Dafoe ! Ouais il est connu, lui ! Il a joué dans… heu… dans des trucs connus, non ? C’est pas lui le méchant dans Spiderman, le nouveau, en 3D, là ?
Et puis le film bascule encore, nouvelle ambiance, nouvelle approche esthétique : éclairages dignes de tableaux de maîtres, effets spéciaux, situations improbables (un renard qui parle, un corbeau mort-vivant, une pluie de glands !), les deux styles fusionnent dans une dernière partie aussi mystérieuse qu’éprouvante pour les nerfs !
C’est qu’elle y va franco, la « Charlotte aux Pommes », dans le film ! Et quand elle ne rigole pas, elle ne rigole pas, la petite !
J’en ai encore mal entre les jambes, quand j’y pense !
Après son dérapage à Cannes en 2010 (il est à ce jour le seul réalisateur à avoir été « renvoyé » du Festival, comme un mauvais élève serait renvoyé de classe), Lars Von Trier prépare actuellement un nouveau film intitulé The Nymphomaniac, qu’il définit comme un « drame pornographique », qui retracera la vie sexuelle d’une femme de sa naissance jusqu’à ses 50 ans, rien de moins !
Attention, Lars !
On t’aura prévenu !
Tu vas encore te faire gronder !
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