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Journal d'un cinéphile - Film n°4 : Nikita

Publié le par Nicolas Ravain

22 mai 2012 :

NIKITA – Luc Besson – France/Italie – 1990 - TV

Journal d'un cinéphile - Film n°4 : Nikita

Résumé :

Le braquage d'une pharmacie par une bande de junkies en manque de drogue tourne mal : une fusillade cause la mort de plusieurs personnes dont un policier, abattu par la jeune Nikita. Condamnée à la prison à perpétuité, celle-ci fait bientôt la rencontre de Bob, un homme mystérieux qui contraint la jeune femme à travailler secrètement pour le gouvernement. Après quelques rébellions lors d'un entraînement intensif de plusieurs années, Nikita devient un agent hautement qualifié des services secrets, capable désormais selon Bob d'évoluer seule dans le monde extérieur…

En tombant par hasard sur Nikita à la télé, je m’y arrête. C’est le début. « Venez, venez, je m’appelle Rico ! ».

La fusillade dans la pharmacie ! Cool !

« Tu me fais ça nickel, hein ?! »

- Ca va être Nickel ! ça va être nickeeeel !!! »

Il y a longtemps que je n’ai pas vu le film de Besson, mais je me rends vite compte que je le connais par cœur. Peut-être l’un de ceux que j’ai regardé le plus grand nombre de fois durant mes plus jeunes années.

« Nom. Prénom.

- Nikita. »

Journal d'un cinéphile - Film n°4 : Nikita

Ah ! Anne Parillaud, ce petit brin de femme aussi douce que redoutable, dans sa petite robe noire et en talons aiguille, armée d’un énorme gun ! Fantasme pré-pubère !

Et Tcheky Karyo, a.k.a Oncle Bob ! Un acteur que j’aime beaucoup, d’un charisme fou, mais bien trop rare sur les écrans ! Et Jean-Hugues Anglade, a.k.a Marco ! Trop rare aussi !

Journal d'un cinéphile - Film n°4 : Nikita
Journal d'un cinéphile - Film n°4 : Nikita

Et puis aussi Jean Reno, a.k.a Victor, « le nettoyeur », qui dissout à l’acide les victimes encore vivante et qui donnera naissance au personnage de Léon quelques années plus tard. Et Jeanne Moreau, et sa voix hypnotique, qui ronronne des mots à l’oreille de Nikita. Et la dernière apparition de Jean Bouise à l’écran (qui meurt 4 jours avant la fin du tournage).

On dit que la musique d’Eric Serra est horrible, envahissante et a très mal vieilli. Peut-être. Sûrement. (quoique, ceux qui vont dire ça sont souvent les premiers à attendre fébrilement la nouvelle édition uncut de la bande-originale électronico-kitsch d’un film de Dario Argento des années 80. Bref !)

Moi, la B.O de Nikita, je la kiffe, d’abord ! Une véritable madeleine de Proust, qui me renvoie à l’époque où je faisais des petits courts-métrages dans les campagnes de l’Oise et utilisait le C.D de ma grande sœur comme bande-originale !

Difficile pour moi, donc, d’être un peu « objectif » à propos de Nikita, un film que j’aime avec le cœur et non la tête. Mais cette nouvelle vision est l’occasion d’y regarder d’un peu plus près. Je pense à James Cameron, pour les teintes bleutées, les plans aux steadicam et ce personnage de femme-forte typique du réalisateur de Titanic ; à Kathryn Bigelow (période Blue Steel, Point Break) et à Die Hard. Bref, pas mal de grands polars du cinéma… américain !

En réalité, le film de Besson est un OVNI dans la production française de l’époque. Junkies, agent secrets, gunfight, histoire d’amour et récit initiatique sont les ingrédients de ce qui est assurément le meilleur polar français des années 90, à la fois le plus burné et le plus émouvant.

La transformation du personnage interprété par Anne Parillaud est celui d’une véritable super-héroïne : la junkie bourrue et rebelle (« enculééééééééés !!!! ») se voit offrir l’occasion de recommencer une nouvelle vie, d’avoir une nouvelle identité, d’expérimenter un nouveau corps. Ses vêtements changent. Ses cheveux changent. Tantôt chapeau, tantôt serveuse, tantôt lunettes noires, tantôt amoureuse, elle est toutes les femmes, mais elle, qui est-elle vraiment ?

Journal d'un cinéphile - Film n°4 : Nikita

Au fil de son entraînement, parviendra-t-elle à venir à bout de ses missions ? Parviendra-t-elle à garder secrète son identité cachée de Super-Tueuse aux yeux de celui qu’elle aime ?

Le cinéma américain a sa Catwoman, sa Ellen Ripley (Alien), sa Sarah Connors (Terminator). Nous avons Nikita, la seule et unique super-héroïne du cinéma français (pas étonnant d’ailleurs que le personnage-concept ait été adapté aux USA pour un film et 2 séries TV) !

« Tu m’emmènes, si j’me fais tout petit ?

- Je préfère que tu sois grand. »

Il n’est pas de très bon ton de dire du bien de Luc Besson, ça peut même carrément être passible d’une exclusion immédiate de la communauté cinéphilique. Besson ??!! Ah non, quand même pas !! Son nom est associé aujourd’hui aux Minimoys, à Taxi et autres Transporteur, à ses procès pour diffamation et/ou plagiat, sa mégalomanie et son sens du business. Mais Besson est avant tout un très bon réalisateur et un efficace storyteller.

Certes, j’ai aussi lâché sa filmographie depuis son Jeanne D’Arc (qui a vu Angel-A ? Et The Lady ?), mais ses premiers films sont des incontournables ! Le triplé Grand BleuNikitaLéon : des classiques ! Et son premier opus, Le Dernier Combat (1983), film de science-fiction post apocalyptique en noir et blanc et quasiment sans paroles qui est lui aussi un OVNI dans le paysage cinématographique français (à quand la réhabilitation des films de Luc Besson - enfin, d’une partie de ses films ??!!).

Dans Nikita, la mise en scène de Besson est très maîtrisée, parfois nerveuse et tendue, parfois simple et calme. Le beau Scope aux teintes parfois bleutées, parfois baignées de soleil se focalise sur ce petit bout de femme et parvient à en faire une véritable icône.

Journal d'un cinéphile - Film n°4 : Nikita

« On va faire un petit tour et on revient, Victor. »

Nikita n’est jamais revenue.

Mais elle sera toujours là.

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