Journal d'un cinéphile - Film n°3 : Dark Shadows
22 mai 2012 :
Dark Shadows – Tim Burton – USA - 2012 – cinéma (VF !!)
Résumé :
1772 : Riche et puissant, Barnabas Collins a le monde à ses pieds. Mais, séducteur invétéré, il brise le cœur d’une sorcière qui lui jette un sort, celui d’être transformé en vampire et enterré vivant.
1972 : Barnabas est libéré de sa tombe par inadvertance et plongé dans un monde totalement transformé...
Bon, alors ça y est ? Tim Burton est définitivement fini ? Cette fois-ci, c’est sûr ?
J’espérais pourtant son grand retour avec ce film, mais force est de constater que la magie n’opère plus. Et ce, pour ma part, depuis un certain moment. Mon amour pour ses films s’arrête à Ed Wood, en 1994. Bon, il y a bien eu Mars Attacks !, Sleepy Hollow et Big Fish par la suite, des films que j’aime plutôt bien, mais déjà, ce n’était plus tout à fait ça.
Et puis l’ère blockbusters, avec La Planète des Singes, Charlie et la Chocolaterie, Alice aux Pays des Merveilles… A croire que depuis que le bonhomme est devenu bankable et adoubé par la critique, ses films se sont par là même vidé de leur magie et de leur substance. L’enfant terrible, qui faisait peur aux studios avec ses idées tordues et poétique, est aujourd’hui devenu un nabab, dont la signature visuelle est devenue un cliché, une marqué déposée. C’est bien fait, un peu bizarre, mais bien fait ! Ironie du sort, celui qui avait été jugé trop hors normes par les studios Disney lors de ses débuts est aujourd’hui l’un de leur poulain les plus rentable !
Bon, et son dernier film, alors, ça donne quoi ?
Bah, il y a un vampire, une sorcière, un loup-garou, une malédiction, de la brume, un manoir, un Johnny Depp, bref, toute la panoplie. C’est plutôt bien shooté, les décors et les costumes sont excellents, mais tout ça reste assez anecdotique, joli à regarder.
A aucun moment je n’ai réussi à m’attacher aux personnages, l’histoire d’amour maudite entre Barnabas Collins (Johnny Depp) et Angélique Bouchard (Eva Green) ne m’a pas touché une seule seconde.
Aujourd’hui encore, je cherche à trouver le sens de tout cela : de quoi ça parle, au fond ? Qu’est-ce que veut nous dire Burton à travers l’histoire de cette famille de freaks ?
Certes, le décalage entre l’imagerie gothique et celle des 70’s tendance hippie est assez amusante et propice à quelques gags, dont certains sont drôles tandis que d’autres tombent à plat, mais le film ne parvient pas à trouver un ton juste, le film est bancal, le cul entre deux chaises.
Je n’ai jamais vu un épisode de la série originale dont est tiré le film, ce soap-fantastico-gothico-comique des 70’s (plus de 1200 épisodes !), mais c’est sûrement par là qu’il doit falloir chercher pour mieux appréhender ce ton si particulier mis en place dans le métrage de Burton.
Reste une scène de sexe mémorable et jouissive, entre ballet aérien et baston, rythmée par la musique de Barry White et sa voix suave.
Quant à Johnny Depp, il fait ici encore du Johnny Depp, se parodiant lui-même, plein de grimaces et de gimmicks, mais dont la vision du film en VF m’empêche de juger pleinement la performance.
Alors, ça y est ? Tim Burton est définitivement fini ? Cette fois-ci, c’est sûr ?