Journal d'un cinéphile : Un dimanche sous la couette-Part2 (Embrassez qui vous voudrez)
Dimanche 24 juin 2012 :
Film n°23 : Embrassez qui vous voudrez – Michel Blanc – France/Royaume-Uni/Italie – 2002 - TV
Résumé :
En vacances au Touquet, de nombreux personnages se croisent. La bourgeoise Elizabeth, dont le couple s'enlise ; Véronique, qui parvient à grand peine à cacher sa déchéance matérielle ; Lulu, persécutée par un mari jaloux ; Julie, mère célibataire en mal d'amour ; et leurs hommes !
Bon, après Eden Lake, ce survival assez décevant, qu'est-ce qu'on regarde maintenant ?
Y’a quoi à la télé ?
Petit zapping.
On s’arrête sur France 2, qui diffuse le film de Michel Blanc Embrassez qui vous voudrez.
Sacré casting !
Jacques Dutronc, Denis Podalydès, Michel Blanc, Charlotte Rampling, Carole Bouquet, Karin Viard, Clotilde Courau, Vincent Elbaz, Sami Bouajila, Lou Doillon, et même deux débutants devenus célèbres par la suite : Mélanie Laurent et Gaspard Uliel !
Je suis peu friand de ce genre de film comme sait en pondre au kilomètre le cinéma français, ces films chorale assez bavards et relativement peu riches au niveau de la mise en scène. La tradition du film « à la française », naturaliste, centré sur les personnages et l’écriture.
Moi, mon truc, c’est plus les zombies, les westerns, la science-fiction, le fantastique, le polar, comme vous avez pu vous en rendre compte si vous suivez ce « Journal » depuis quelques temps.
Je me rends d’ailleurs compte que le seul autre film français chroniqué ici était Nikita. Je ne suis pas (entièrement) réfractaire au cinéma français (j’aime Blier, Dupontel, Melville, Tati, Audiard, Dumont et bien d’autres !), mais je n’y trouve pas souvent de quoi mon nourrir mon imaginaire. Le cinéma français est trop « naturaliste » à mon goût, trop attaché au quotidien, trop raisonnable !
Les conséquences d’avoir grandi avec Piège de Cristal, Terminator et Indiana Jones ?
Reste que le film de Michel Blanc est agréable à regarder, on y sent justement l’influence de Bertrand Blier (qui lui avait offert son plus grand rôle dans Tenue de Soirée), ce soin apporté aux dialogues, cette ambiance joyeusement dépressive, les bons mots et les personnages haut-en-couleurs. L’adolescent qui préfère passer une nuit avec la presque sexagénaire Charlotte Rampling qu’avec la fraîche Mélanie Laurent ; le type rongé par les dettes qui ne parvient même pas à se tuer en sautant d’une falaise ; le mari jaloux rendu fou par une succession de quiproquos ; une Lou Doillon sexy en diable ; bref, la galerie de personnages développée par Michel Blanc est tantôt cocasse, tantôt touchante, parfois méprisable, mais toujours humaine.
Mais là où Blier aurait sûrement été plus acide, plus intransigeant et plus inventifs (lui qui n’hésite pas à jouer sur les couleurs ou sur une narration éclatée), Michel Blanc ne se mouille pas trop et livre un film correct, sans folie ni génie.
Carole Bouquet : J’aurais bien aimé avoir un orgasme masculin, juste une fois, comme ça, pour voir.
Karin Viard : J’aurais bien aimé avoir un orgasme féminin, juste une fois, comme ça, pour voir !
Un bon petit film « à la française », donc. Pas inoubliable. Mais pas impérissable non plus.
To be continued...