JDC-S02.Ep07-Solitaire/Eaux Troubles (film n°32)
Lundi 17 septembre 2012 :
Eaux Troubles/Solitaire (Rogue) – Greg McLean- Australie/USA – 2008 - DVD
Résumé :
Australie. Un groupe de touristes part pour une balade en bateau sur les eaux sauvages de l’outback. Mais à la suite d’un accident, leur embarcation fait naufrage et le groupe se réfugie sur un minuscule îlot. Un énorme crocodile les prend alors en chasse…
Presque un genre à lui tout seul, le « film de crocodile » ne compte malheureusement pas dans ses rangs beaucoup de bons films, largement dominé par des séries B et Z aux titres tous plus ridicule les uns que les autres (Supercroc, Megashark VS Crocosaurus, Crocodile Fury…). Bon, un mauvais titre ne fait pas forcément un mauvais film, pour preuve l’excellent Le Crocodile de la Mort, a.k.a Eaten Alive de Tobe Hooper, le papa du Massacre à la tronçonneuse original.
Pas forcément friand et amateur de ce genre de film, je me dis que celui-ci va forcément être bon, car mis en scène par l’auteur de Wolf Creek (excellent survival australien), avec un bon casting et produit par un grand studio américain. Si bien que je ne demande même pas l’avis de ma chérie avant de glisser le DVD dans le lecteur, car je vois déjà sa tête devant la jaquette du film.
« Mouais… Et ça raconte quoi ?
- Bah, c’est un groupe de gens pris en chasse par un crocodile.
- Ah…ouais… ok. Je vois. Trop bien… »
Allez, c’est parti pour un voyage éprouvant dans l’outback australien, infesté de créatures féroces ! L’ouverture du film plante d’emblée le décor : de magnifiques paysages vus du ciel, quasi paradisiaques. Et puis l’on s’approche, on se fixe à un endroit, pour observer un groupe de buffles qui se la coulent douce au bord de l’eau. Et soudain, l’horreur surgit de l’eau, en un éclair, et hop ! la mort a frappé !
La nature est belle, mais la nature est également, et surtout, très violente ! Manger, ou être manger. Vivre ou mourir. C’est la loi du plus fort.
On fait ensuite connaissance avec le groupe de touristes qui part en balade sur un petit bateau : un journaliste un peu cynique, une guide qui n’a jamais quitté son petit bout de territoire, un photographe, un veuf, un couple et leur fille, une baba-cool… La galerie de personnages est assez réussie, mention particulière au redneck un peu bourru incarné par un Sam Worthington pré-Avatar.
« Whaou, il est canon, lui ! C’est qui ? », dixit chérie.
Lui, c’est Michael Vartan, le mec qui jouait dans la série Alias, et qui campe ici le personnage principal, journaliste cynique et plutôt frêle qui va se révéler être un battant au grand cœur.
« Il va se taper la meuf, lui, ça se voit direct ! »
La meuf en question, c’est la belle Radha Mitchell, héroïne du Silent Hill de Christophe Gans, qui campe ici la guide de l’expédition, connaissant le coin comme sa poche, ne semblant pas particulièrement effrayée par les dangers potentiels de ce territoire et harcelée par un prétendant beaucoup trop insistant.
Et soudain, c’est l’accident ! Comme le film l’avait montré dans la scène d’intro, en l’espace de quelques secondes, un crocodile percute l’embarcation, qui prend rapidement l’eau. Les touristes sont donc forcés d’accoster sur un petit îlot de terre au milieu du fleuve, n’ayant pas le temps d’atteindre les rives et ne pouvant prendre le risque de nager jusque là-bas.
C’est là la bonne idée du film : faire basculer le long-métrage dans le huis-clos, mais un huis-clos à l’air libre. Quelques mètres carrés de terre, de l’eau tout autour et une menace bien présente mais quasi invisible durant la première heure. Et comme si tout cela ne suffisait pas, McLean de rajouter une couche en matière de suspens et de dilemme : il s’agit d’un fleuve à marée, autrement dit, plus le temps passe, plus l’eau gagne de terrain sur le minuscule bout de terre, donc plus le prédateur gagne de terrain sur ses proies.
S’ensuit un schéma somme toute classique, mais très efficace, selon lequel les protagonistes vont tenter par tous les moyens de rejoindre la rive, par différents stratagèmes plus ou moins efficaces, chacun comportant son lot de victimes. Le fait de ne quasiment jamais vraiment voir l’énorme crocodile renforce la tension et rend chacune de ses apparitions encore plus impressionnante.
Enfin, vient la troisième et dernière partie du film, qui se déroule au sein de l’antre du crocodile, que je ne vais bien sûr pas vous dévoiler ici mais qui contient elle aussi son lot de tension et un affrontement homme-animal des plus brutal.
Bon, au final, j’avais raison, donc ! Rogue est non seulement un bon « film de crocodile», mais un bon film tout court !
Et même que ma chérie, elle ne s’est même pas endormie !